Le risque routier domicile-travail concerne tous les salariés, qu’ils se déplacent en voiture, à moto, à vélo, en trottinette, à pied ou en transports collectifs. Il constitue un enjeu majeur de santé, de sécurité et de performance pour les entreprises.
En France, le trajet domicile-travail correspond au déplacement effectué entre le domicile — ou le lieu habituel de restauration — et le lieu de travail. L’accident survenant pendant ce déplacement peut être reconnu comme un accident de trajet, sous certaines conditions. Dès lors que le salarié est entré dans l’enceinte de l’entreprise, l’accident relève en principe de la catégorie des accidents du travail. (travail-emploi.gouv.fr)
Cette page présente :
✅l’accidentologie sur les cinq dernières années disponibles ;
✅le nombre de décès liés aux trajets domicile-travail ;
✅les principaux facteurs d’accidents ;
✅les obligations et responsabilités de l’employeur ;
✅les actions concrètes à mettre en place ;
✅des exemples d’ateliers de prévention détaillés.
Le trajet domicile-travail n’est pas réalisé sous la direction directe de l’employeur. Toutefois, il représente un risque important pour les salariés et peut avoir des conséquences lourdes pour l’entreprise :
✅décès ou blessures graves ;
✅arrêts de travail longs ;
✅désorganisation des équipes ;
✅remplacement ou reclassement du salarié ;
✅coûts directs et indirects ;
✅impact psychologique sur les collègues ;
✅dégradation du climat social ;
✅responsabilité éventuelle de l’employeur en cas de prévention insuffisante.
Le ministère du Travail considère le risque routier professionnel comme un risque professionnel majeur. Les déplacements liés au travail constituent l’une des premières causes de mortalité dans le cadre professionnel. (travail-emploi.gouv.fr)
À retenir
En 2024, 407 personnes ont été tuées lors d’un trajet domicile-travail en France métropolitaine, contre 373 en 2023. Les trajets domicile-travail représentaient 74 % des décès de personnes effectuant un déplacement lié au travail, les 26 % restants concernant des trajets professionnels de mission
Évolution du nombre de personnes tuées
Les données ci-dessous sont issues des bilans de l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière — ONISR. Elles concernent les personnes tuées dans un accident routier alors qu’elles effectuaient un trajet domicile-travail, selon la définition statistique retenue par l’ONISR.
✅ 2020 : 265 décès , année marquée par les restrictions sanitaires,
✅ 2021 : 308 décès, reprise progressive des déplacements,
✅ 2022 : 345 décès, forte remontée après la période Covid,
✅ 2023 : 373 décès, nouvelle progression,
✅ 2024 : 407 décès, niveau le plus élevé de la période.
Un accident de la route est rarement dû à une seule cause. Il résulte généralement de la combinaison de plusieurs facteurs :
✅ comportement du conducteur ;
✅ état du véhicule ;
✅ état de la route ;
✅ conditions météorologiques ;
✅ organisation du travail ;
✅ horaires et fatigue ;
✅ densité de circulation ;
✅ vulnérabilité du mode de déplacement.
L’étude FLAM de l’ONISR indique que les facteurs humains contribuent à 92 % des accidents mortels, les infrastructures à 30 %, les véhicules à 20 % et les conditions de circulation à 18 %. Ces pourcentages peuvent se cumuler, car un accident peut avoir plusieurs facteurs contributifs. (onisr.securite-routiere.gouv.fr)
La vitesse augmente :
✅ la distance d’arrêt ;
✅ la gravité des blessures ;
✅ le risque de perte de contrôle ;
✅ la difficulté à anticiper un obstacle ;
✅ la violence du choc.
La vitesse peut être excessive par rapport à la limitation autorisée, mais aussi inadaptée aux conditions réelles :
✅ pluie ;
✅ brouillard ;
✅ chaussée glissante ;
✅ travaux ;
✅ circulation dense ;
✅ fatigue ;
✅ faible visibilité ;
✅ présence de cyclistes ou de piétons.
L’utilisation du téléphone au volant détourne :
✅ le regard ;
✅ l’attention ;
✅ les capacités de décision ;
✅ les mains du volant lorsque le conducteur manipule l’appareil.
Les distractions concernent également :
✅ la programmation du GPS en roulant ;
✅ la lecture de messages ;
✅ les notifications ;
✅ la prise de photos ;
✅ les conversations avec les passagers ;
✅ la recherche d’un objet dans l’habitacle ;
✅les écrans intégrés au véhicule.;
La fatigue réduit :
✅ la vigilance ;
✅ la capacité à maintenir sa trajectoire ;
✅ la vitesse de réaction ;
✅ la perception des distances ;
✅ la capacité à prendre une décision rapide.
Elle peut être aggravée par :
✅ des horaires très matinaux ;
✅ une fin de journée tardive ;
✅ des heures supplémentaires ;
✅ une longue journée de travail ;
✅ un trajet très long ;
✅ le travail de nuit ;
✅un mauvais sommeil ;
✅certains médicaments ;
✅ l’alcool ou les stupéfiants.
Les horaires atypiques et la pression temporelle doivent donc être intégrés à l’évaluation du risque.
L’alcool et les stupéfiants altèrent :
✅ la perception du danger ;
✅ les réflexes ;
✅ le jugement ;
✅ la coordination ;
✅ la prise de décision.
Certains médicaments peuvent également provoquer une somnolence ou une baisse de vigilance. L’entreprise doit informer les salariés sans stigmatiser les personnes concernées et orienter les situations de dépendance vers le médecin du travail ou les dispositifs d’accompagnement adaptés.
Le risque augmente notamment en cas de :
✅ pluie forte ;
✅ brouillard ;
✅ verglas ;
✅ neige ;
✅ vent violent ;
✅ chaussée humide ;
✅ faible luminosité ;
✅ soleil rasant ;
✅ nuit tombant pendant les heures de pointe.
Le passage à l’heure d’hiver peut notamment accroître le risque pour les piétons lors du trajet retour, lorsque la nuit tombe pendant les déplacements du soir.
La voiture
La voiture reste un mode de déplacement très utilisé pour les trajets domicile-travail. Les principaux risques sont :
✅ vitesse excessive ;
✅ téléphone ;
✅ fatigue ;
✅ alcool ;
✅ mauvais entretien ;
✅ trajets longs ;
✅ conduite dans les bouchons ;
✅ agressivité au volant ;
✅ mauvaise adaptation aux conditions météorologiques.
Les deux-roues motorisés
Les deux-roues motorisés sont fortement surreprésentés dans la mortalité des trajets domicile-travail.
En 2024, ils représentaient environ 40 % des personnes tuées en trajet domicile-travail en agglomération et 34 % hors agglomération, alors qu’ils ne représentaient qu’environ 2 % des temps de trajet domicile-travail selon les données de mobilité utilisées par l’ONISR
Les risques sont liés à :
✅ la faible visibilité du motard ;
✅ la vulnérabilité en cas de collision ;
✅ la vitesse ;
✅ les remontées de file ;
✅ les angles morts ;
✅ la pluie et les chaussées glissantes ;
✅ l’équipement insuffisant ;
✅ la fatigue ;
✅ l’expérience limitée.
Le vélo et la trottinette
Le développement des mobilités actives crée de nouveaux enjeux :
✅ conflits avec les véhicules motorisés ;
✅ manque de visibilité ;
✅ infrastructures discontinues ;
✅ port de protections insuffisant ;
✅ circulation de nuit ;
✅ météo défavorable ;
✅ vitesse excessive des engins
✅ écouteurs ou téléphone ;
✅ stationnement et ouverture de portières.
L’entreprise peut agir en améliorant les conditions d’accueil : stationnement sécurisé, éclairage, vestiaires, douches, équipements réfléchissants et information sur les itinéraires les plus sûrs.
La marche
Les salariés qui marchent sont exposés notamment ::
✅ aux traversées de chaussée ;
✅ aux véhicules sortant des parkings ;
✅ aux intersections ;
✅ aux conditions de faible luminosité ;
✅ aux zones industrielles ou logistiques ;
✅ aux trottoirs dégradés ;
✅ aux véhicules lourds et utilitaires.
Les piétons doivent être intégrés à toute démarche de prévention, y compris sur les parkings de l’entreprise.
Pour améliorer la navigation et pour adapter notre contenu à vos besoins, nous utilisons des cookies.
Ces cookies permettent seulement d'analyser la fréquentation de notre site.